Le départ de Da Nang, outre le fait de laisser dernière nous une aussi belle escale, n'est pas de tout repos. La météo s'était calmé pendant l'escale, pour repartir de plus belle avec nous, et la traversée de la mer de Chine méridionale est difficile, surtout pour moi ! Le temps s'améliore heureusement au fur et à mesure que nous nous faisons route vers l'Est. La veille de l'arrivée à Brunei, la terre s'annonce par d'immenses plates-formes pétrolières, aux torchères visibles à plusieurs dizaines de kilomètres. La nuit tombe, et elles se font d'autant plus éblouissantes dans la nuit sans lune. S'y ajoutent des éclairs de chaleur, qui tombant du ciel donnent l'impression de rejoindre les flammes.
Ces visions nous accompagnent toute la nuit (ou tout du moins mes 4 heures de quart), et contrairement à l'habitude l'atterrissage le long des côtes de Brunei en est presque décevant.
Qu'à cela ne tienne, nous sommes accueillis par une délégation sur le quai, qui nous entrainent "rapidement" dans une visite de la ville. Premier point noir, le centre-ville est à 1h de route, le port étant excentré, mais il ne règne pas ici la vie grouillante de Jakarta, où la ville ne s'arrêtait jamais. Tout est verdoyant, et bien entretenu. Deuxième révélation, le centre-ville est en fait minuscule, et en une visite d'environ deux heures nous en faisons le tour, arrêt shopping compris... Parmi les étapes incontournable, la Mosquée me déçoit, notamment par rapport à celle d'Abu Dhabi. D'une blancheur immaculée, elle n'est reste pas moins minuscule, et sans la délicatesse qu'on aurait pu attendre.
| La taille est trompeuse... la Mosquée n'est en fait pas bien grande. |
| A Brunei, fais comme les Bruneis... à la Mosquée seulement ! |
| Allée du bassin des ablutions |
Après la Mosquée, nous poursuivons la visite par le centre commercial (oui, c'était au programme...) située à moins d'une centaine de mètres. Ici non plus, pas grand chose, mais c'est au moins l'occasion de trouver du premier coup des cartes postales. En traversant enfin le centre commercial, nous tombons sur la lagune, et la cité lacustre.
| Je prend rarement des photos avec des gens, mais Movember oblige, j'ai forcé l'OPS à poser. |
| En repartant, curiosité... un championnat de kart dans les rues du centre-ville... |
Une sortie plongée était prévue, mais ayant un repas de prévu, je décale sur le fil du rasoir ma plongée d'un jour, tant pis, j'irais seule. Le club est à proximité du port, et ils viennent me chercher de bon matin, alors qu'il fait déjà bien chaud. Deux ou trois plongées, that's the question. Disons trois, et j'annulerais la dernière si nécessaire. Nous partons en petit groupe (un couple de japonais, et un anglais). La première plongée est prévue sur une épave, chouette. Les consignes sont claires à la mise à l'eau, on descend le long du bout, et on se retrouve en bas. 5m plus bas, je vois le japonais lâcher le bout, et partir à tout vitesse vers le fond. La visi est mauvaise, même pas deux mètres. Tant pis, je descend, toujours accrochée au bout, et j'arrive bientôt au fond à 32m. Personne. Hum. 1 minute. Ils ont peut être eu du mal à descendre. 2 minutes. Tant pis, je remonte. A la surface, le reste du groupe est remonté aussi, à plus de 400m. Ils ont lâché le bout, le guide à voulu les rattraper, et tout le monde s'est fait dépaler par le courant. Le temps de se rassembler et de redescendre, la visi ne s'est pas améliorée, et pas question de rester longtemps au fond après la première remontée.
Les deux autres plongées seront beaucoup plus sympathiques pour la peine, mieux abritées, donc avec des meilleurs visi. Moins profondes aussi, journée à trois plongées oblige, mais je trouve ça dommage que les plongées PADI soient tellement "c'est 45min peu importe ce qu'on fait, et comment on respire". Au prix des plongées, remonter avec plus de la moitié de la bouteille, ça gratte un peu. Difficile de vous mettre des vidéos sur le blog, ce sera donc juste quelques photos !
| Ah oui, j'oubliais... surpris par la couleur de l'eau ? Elle était à 30°C :p |
Dernier jour d'escale, une autre visite était prévue, normalement au Musée royal, mais celui ci étant fermé, on atterrit dans une sorte de plantation / ferme modèle / jardin botanique. Pour une visite côte à côte avec un groupe de primaire...
J'ai gardé le meilleur (du pire) pour la fin : la découverte du plat local. Certes, nous avions demandé à manger local. Certes, on aurait pu en étant impolis et en sentant le guet-apens arriver commander autre chose plutôt que se fier à notre guide. Quand les plats commencent à arriver, c'est trop tard. Impossible de fuir. Et pour ne pas froisser notre guide, il faut bien se lancer.
L'ambuyat donc, plat typique de Brunei, consiste à du cœur de palmier broyé en poudre, puis reconstitué avec de l'eau (donc transportable dans l'ancien temps...). Le tout pour former une pâte blanche gluante et sans goût. Imaginer une énorme glaire, ça y est, c'est la bonne consistance. Premier faux espoir, c'est servi avec de la sauce dans lequel on le trempe. Cette sauce, c'est le Tampuyak. Du Durian fermenté avec des épices. Oui, du durian, le truc interdit dans la plupart des lieux publiques en Asie. L'odeur est insoutenable, pas question de goûter, je me retiens déjà. Deuxième faux espoir, le tout est accompagné de plusieurs autres plats de légumes et viande et poisson. Au choix en viande, un ragoût de ce qu'on pense être des tripes (en tout cas on voit les vaisseaux), ou un truc séché et mariné (on a longtemps considéré que ça puisse être du chat. Ou du rat. Ou ce n'est n'était peut être pas de la viande). Le poisson est immangeable également. Et ce saladier d'ambuyat, qui ne se vide pas malgré tous nos efforts pour en disséminer un peu partout dans nos assiettes et le recouvrir par d'autres choses.
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| La photo n'est pas de moi. Ses accompagnements avaient presque l'air mangeable, je l'envie... |
Les goûts et les couleurs sont dans la nature. Je n'aime pas certains aliments, mais j'arrive à les manger. Là, c'est une autre galaxie. Seul point positif du repas, ça faisait longtemps qu'on avait pas tous été autant sur la même longueur d'onde avec le reste des collègues. A la fin du repas on essaye de larguer notre guide pour aller manger ailleurs, en prétextant un dessert. Et on se retrouve, sans trop savoir comment, à manger des glaces dans un centre commercial à moitié fermé à 22h, sous les regards étonnés des locaux.

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